Rei Vindicatio
Reprendre possession de ce qui n’aurait jamais dû leur être confisqué.

Ces photographies anciennes portent en elles une histoire du désir qui n’est pas neutre. Beaucoup de ces images érotiques étaient destinées au regard et aux fantasmes masculins. Les femmes y exposent leur corps, mais leur propre désir demeure hors champ.
Pendant des siècles, le plaisir féminin a été ignoré, contrôlé ou condamné par la morale, la religion et les normes d’une société patriarcale. Réduit au silence, le désir ne disparaît pourtant pas complètement. Il laisse une trace.
Comme un fossile conserve l’empreinte de ce qui a existé, quelque chose demeure.
Le poulpe vient habiter cet espace. Là où l’image semblait assigner la femme au désir de celui qui la regarde, il déplace le scénario. Peu à peu, il devient le langage de son propre désir : à la fois présence, fantasme, objet du désir et matérialisation de ce qui l’enveloppe, la caresse et parcourt son corps.
La femme n’est plus seulement regardée. Elle ressent, désire, joue. Elle se réapproprie son corps et son plaisir selon ses propres règles.
Ce qui avait été contenu recommence à circuler. Le désir reprend corps, se déploie et retrouve sa beauté.
La femme peut enfin habiter pleinement son désir.











